BIODIEN

BIODIEN : Recherche de perturbateurs endocriniens dans les eaux en vue de la protection de la santé publique et de l’environnement

Contexte

Selon la définition adoptée par l’Union Européenne, un perturbateur endocrinien (PE) est « une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien, et induisant donc des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou sous-populations ». Ces substances sont une classe particulière de polluants émergents jugés particulièrement préoccupants, et pour lesquels les connaissances en termes de présence dans l’environnement et d’effets sur la santé et/ou l’environnement sont encore relativement limitées. Ce constat justifie notamment la présence de PE ou familles de PE sur la liste européenne des substances prioritaires pour les eaux de surface (directive 2013/39/UE) et sur la liste européenne de vigilance (Décision d’exécution (UE) 2015/495).

Objectif

Le projet BIODIEN vise à réaliser un premier screening de la présence de PE dans les eaux wallonnes. Au total, près de 200 molécules sont recherchées, allant des alkylphénols, phtalates, perfluorés et chlorophénols, aux pesticides tels que les néonicotinoïdes repris dans la liste européenne de vigilance. Ces substances sont recherchées dans une sélection représentative d’eaux souterraines, mais également d’eaux de surface, d’eaux de ruissellement, de rejets de stations d’épuration et d’eaux en bouteille. Les méthodes d’analyse utilisées sont nécessairement multiples : LC/MS-MS ou GC/MS-MS, couplées à une extraction liquide/liquide ou en phase solide ou réalisées en injection directe. Des bioessais (YES-YAS) sont mis en œuvre en vue de déterminer les activités (anti-) oestrogénique et (anti-) androgénique des échantillons. Des tests de réponse immuno-enzymatique (ELISA) sont également utilisés pour certaines molécules.

Mise en œuvre

Le projet prévoit l’analyse d’environ 250 échantillons, dont un quart concerne des eaux souterraines. Le réseau des points de mesure a été dimensionné de façon à permettre une interprétation des résultats en regard d’un éventuel effet de ces polluants émergents sur l’environnement et/ou sur la santé humaine. Le nombre de points de mesure étant limité, un inventaire exhaustif de la présence de ces substances dans l’environnement n’est donc pas possible. En ce qui concerne la recherche de pesticides, les points réputés à risque ont été visés de façon prioritaire, en concentrant l’échantillonnage pendant et juste après les périodes d’épandage (mai à septembre).

Durée et budget global du projet : 2 ans – 398.000 EUR (SPW-DGO3 dont 273.000 EUR pour l’ISSeP)

Etat d’avancement du projet : 50 %

Partenaires : ISSeP (DLA/CCO, DRC/CEX, DLA/CMB), SWDE, CRA-W