Qualité des eaux

Alors que la Terre est recouverte à 70 % d’eau, seul 0.25 % de cet immense réservoir est directement accessible et potable. Si l’accessibilité à l’eau reste un problème majeur dans de nombreuses régions du monde, c’est la préservation et le maintien de la qualité des eaux naturelles qui sont au cœur des préoccupations des pays industrialisés. En Europe, ces enjeux sont intégrés à la Directive 2000/60/CE (Directive Cadre Eau ou DCE) et ses directives-filles. Celles-ci ont pour objet la prévention, la préservation et l’amélioration des écosystèmes aquatiques ainsi que la réduction et la prévention de la pollution et la surexploitation des eaux souterraines.

L’ISSeP contribue à l’effort de mise en œuvre de la DCE en assurant l’exploitation des réseaux de surveillance des masses d’eau. L’ISSeP prend en charge les prélèvements, les analyses physico-chimiques, microbiologiques et la caractérisation écotoxicologique d’échantillons aqueux de différents types. Cette expertise est valorisée par ailleurs dans le cadre de la mission de Laboratoire de Référence en matière d’eau et dans le cadre de projets de recherche.

Consulter la fiche illustrée de la thématique eau:

Fiche eau-screen

Correspondant thématique de la qualité des eaux: Christophe Frippiat – 04 229 82 40


Eaux de surface

Le monitoring effectué dans le cadre de ce réseau de surveillance est établi sur base de la Directive-cadre sur l’eau (2000/60/CE) et de ses directives-filles. Il concerne les rivières, qu’elles soient naturelles ou fortement modifiées, ainsi que les réservoirs de barrages artificiels.
Afin de suivre l’état écologique et l’état chimique des eaux de surface dans chaque district hydrographique et de permettre la classification des masses d’eau en 5 classes (très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais), la DGO3 a établi un programme de surveillance qui comprend plusieurs types de contrôles : contrôle de surveillance, contrôle opérationnel, contrôle additionnel et contrôle d’enquête. Quelques sites de contrôle font partie intégrante des réseaux de mesure homogène mis en place par la Commission Internationale de la Meuse (CIM) et la Commission internationale de l’Escaut (CIE).
En fonction des éléments descripteurs des programmes de contrôle (lieu de mesure, paramètre mesuré, fréquence des mesures…), l’ISSeP assure le prélèvement et l’analyse des échantillons ainsi que la gestion des données transmises à la DGO3.
Plus de deux cents paramètres sont mesurées sur le compartiment « eau » :

  • Paramètres généraux : température, oxygène dissous, conductivité, pH…
  • Substances minérales : chlorures, sulfates, métaux…
  • Substances eutrophisantes : azote, phosphore
  • Paramètres organiques intégrés : DBO, DCO…
  • Micropolluants organiques : hydrocarbures, pesticides, substances prioritaires…
  • Paramètres microbiologiques : bactériologie, chlorophylle a…
  • Afin de se conformer aux normes de qualité environnementale (directive 2013/19/UE), le développement et la validation du monitoring de substances prioritaires sur la matrice « biotes » est en cours de réalisation.

Réseau physico-chimique

Le réseau « physico-chimique » concerne actuellement 178 points d’échantillonnage répartis en quatre réseaux : le réseau principal, le réseau secondaire, le réseau piscicole et le réseau « Eaux naturelles ».

Le réseau physico-chimique permet d’évaluer la conformité des cours d’eau aux objectifs de qualité de base (A.R. 04/11/87).

L’objectif de cet arrêté est de fixer pour l’ensemble des cours d’eau des normes permettant d’assurer le rétablissement ou le maintien d’un développement équilibré de la vie biologique dans les eaux de surface.

Le réseau principal

Il comprend 35 stations échantillonnées 13 fois par an.
Une centaine de paramètres sont mesurés : paramètres généraux (t°, O2 dissous, pH,…), substances minérales (métaux, chlorures, sulfates,…), substances eutrophisantes (N, P), paramètres organiques intégrés (DBO5, DCO, indice phénol, …), micro-polluants organiques (hydrocarbures, pesticides,…), paramètres bactériologiques, chlorophylle a.

Notons également que 6 stations de ce réseau (1 station Escaut, 5 stations Meuse) appartiennent aux réseaux de mesures homogènes mis en place par les Commissions Internationales de l’Escaut (CIE) et de la Meuse (CIM).

Le réseau secondaire

Il comprend 29 stations dont la fréquence d’échantillonnage est soit de 13 fois par an soit 13 fois par deux ans.
Les paramètres étudiés sont identiques au réseau principal à l’exception des micro-polluants organiques et des paramètres bactériologiques qui, de manière générale, ne font pas l’objet d’un contrôle dans le cadre de ce réseau.

Le réseau piscicole

Il comprend 111 stations échantillonnées 13 fois par an. Outre la conformité aux objectifs de qualité de base, ce réseau permet d’étudier la conformité aux normes piscicoles (AGW du 15/12/94) des cours d’eau classés (salmonicole ou cyprinicole) ou non.

Le réseau « Eaux naturelles »

Un contrôle des paramètres piscicoles est effectué sur 3 stations complémentaires, la Gileppe, la Helle et la Vesdre, classées en zone d’eaux naturelles (AERW 25/10/90).

Cet arrêté prend en compte des eaux dont la composition naturelle n’est pas altérée par l’activité de l’homme et de ses animaux domestiques et qui possèdent une ou plusieurs caractéristiques chimiques ou physiques particulières.

Réseau Substances dangereuses

Le réseau « substances dangereuses » a été mis en place par la DGRNE en 1999 pour répondre à la directive européenne 76/464/CEE concernant la pollution causée par certaines substances dangereuses déversées dans le milieu aquatique.

20 stations, principalement des stations Meuse et Escaut ainsi que leurs affluents les plus importants, sont investiguées au niveau de trois compartiments:

  • l’eau (échantillonnée 5 ou 13 fois/an) ;
  • les matières en suspension (échantillonnées 4 fois/an) ;
  • les sédiments (échantillonnés 1 fois/an).Un nombre important de micropolluants sont mesurés ; il s’agit principalement de substances organiques : pesticides et substances d’origine industrielle. Les métaux lourds sont également investigués.

Les paramètres recherchés dans le cadre de ce réseau figurent notamment parmi les substances de la directive 76/464/CEE et parmi les substances prioritaires de la Directive cadre. En outre, le Gouvernement wallon a établi une liste des substances pertinentes en Région wallonne ainsi que des objectifs de qualité (cf. annexe à l’AGW du 12 septembre 2002).

Les résultats d’analyses de ce réseau de mesures permettront d’orienter au mieux le programme d’action nécessaire à la réduction progressive des rejets de substances dangereuses dans l’eau prévue par la Directive 2000/60/CE.

Réseau écotoxicité

Ecotoxicologie

Eaux souterraines

Afin de répondre aux exigences des Directives européennes 2000/60/CE (Directive cadre de l’eau) et 91/672/CEE (Directive nitrate), la DGARNE a confié à l’Institut, depuis 2005, la mission de surveillance de la qualité des eaux souterraines patrimoniales.

Ce réseau de surveillance se décline en deux thématiques principales :

  • le volet qualitatif ;
  • le volet quantitatif.

Le volet qualitatif concerne environ 300 sites de prélèvements sur lesquels sont effectuées à différentes fréquences, soit des analyses complètes de type SEQ-ESO (Système d’évaluation de la qualité des eaux souterraines), soit des analyses plus thématiques comme par exemple les nitrates.

Certains sites, réputés sensibles, doivent être suivis en continu sur quelques paramètres physico-chimiques simples (pH, t°, conductivité, pression, turbidité, fluorescence). Cinq sites sont actuellement équipés de moniteurs permettant ce suivi. Le site de la résurgence de la Grotte du Chalet à Aywaille fait plus particulièrement l’objet d’une étude visant à corréler les paramètres mesurés en continu et les résultats des analyses chimiques effectuées sur échantillons ponctuels.

Eaux de baignade et piscine

L’ISSeP réalise la surveillance de la qualité des eaux de baignades durant la période estivale (de juin à septembre). La campagne de 2013 reprenait 36 zones de baignades officielles et 5 zones supplémentaires, contrôlées selon une fréquence hebdomadaire pendant 16 semaines. Outre le dénombrement des entérocoques intestinaux et E.coli, l’ISSeP a également réalisé la recherche de cyanobactéries pour les échantillons provenant d’étendues d’eau.

L’ISSeP a poursuivi en 2013 la mission de contrôle de l’autocontrôle des piscines sur base de l’analyse (microbiologique et chimique) combinée de l’eau et de l’air des bassins de natation. En 2013, entre 180 à 200 piscines ont été contrôlées. L’ISSeP a poursuivi le contrôle des légionelles au niveau des douches. Le dosage de la trichloramine est effectué en cas d’atmosphère « piquante » ou à la demande du DPC. En 2013, l’ISSeP a également continué le recueil des données au niveau des jacuzzis présents dans les piscines visitées, pour l’instant aucune législation n’existe en ce qui concerne ces derniers.

Présentation power point de l’activité “eaux de baignade”

 

Recherche

Services

Prélèvement et analyses d’échantillons

  • Tous types de matrice (eau de surface, eau souterraine, eau de ruissellement, rejet de station d’épuration, …)
  • Paramètres physico-chimiques de base
  • Tous types d’analyses (composés organiques, composés minéraux, microbiologie, écotoxicité, …)

Essais

  • Tous types d’essais de pompage d’eaux souterraines
  • Tous types d’essais de traçage en eaux souterraines

Etudes

  • Hydrogéologie souterraine et l’étude hydrogéologique de bassins, incluant l’analyse et la cartographie à l’échelle locale ainsi que la mesure des paramètres nécessaires (débits, pluviométrie, évapotranspiration, infiltration …) et ce dans le cadre de la prospection des ressources d’eau souterraine ;
  • l’approche du fonctionnement des aquifères par l’étude des écoulements souterrains, et l’acquisition de données dans le cadre de l’évaluation, de l’exploitation, de la protection ou de la réhabilitation d’aquifères ;
  • Implantation de puits et de piézomètres dans le cadre de l’exploitation, de la surveillance et des études d’impact sur les eaux souterraines ;
  • Définition des périmètres de protection de prises d’eau dans le cadre de la protection de la qualité des eaux souterraines potabilisables ;
  • Diagnostic de pollution dans le cadre de la remédiation à la pollution ponctuelle ou à la contamination progressive d’un aquifère ;
  • Etude de certains paramètres chimiques spécifiques (présence, pertinence) …