ExTraCar

ACTUALITE:

  • EN COURS: des volontaires cyclistes mesurent la pollution liée au trafic lors de leurs trajets. Nous avons reçu près de 90 candidatures en une dizaine de jours! Visualiser l’annonce.
  • 18 septembre 2015: Article du journal Le Soir

LE PROJET EXTRACAR:

L’évaluation de la qualité de l’air s’effectue généralement par mesure à des points fixes. Si elle est alors bien connue en ces emplacements, il est difficile, sur cette base, d’établir une cartographie des polluants à grande échelle. L’originalité du projet ExTraCar, qui a débuté le 1er avril 2014 et qui s’étalera sur une période de deux ans, est d’effectuer les mesures en se déplaçant et, ainsi, d’ajouter une dimension spatiale aux mesures. Ses ambitions sont multiples :

  • combiner mesure et modélisation pour établir une cartographie à haute résolution du carbone noir dans un milieu urbanisé ;
  • établir un lien quantitatif entre le trafic routier et les concentrations de ce polluant ;
  • évaluer, par la mesure et la simulation numérique, l’exposition de la population au cours du transport ;
  • donner des outils pour prédire l’impact d’aménagements urbains, tels que l’extension du RAVeL, la mise en service du tramway, le passage d’un quartier en zone à faibles émissions, etc.
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Transmission electron microscopy (TEM) images of aerosol particles, including black carbon from Posfai et al. (1999). In panel A, the black carbon particles (denoted by the small arrows) are mixed with inorganic ammonium sulphate particles. In panel B, a typical chain-like black carbon aggregate is shown with the arrows pointing to a film of carbon that connects the individual spherules within the aggregate. In panel C, fly-ash spheres are shown, which are particles that are often associated with black carbon particles. The scales give an idea of the size of these particles – a human hair is around 100µm or 100,000nm.

Contrairement aux particules fines réglementées au niveau européen, le carbone noir (en anglais black carbon) est un excellent marqueur du trafic. En effet, une fois émis, il ne subit aucune transformation physico-chimique, ce qui facilite grandement sa modélisation. Par ailleurs, au niveau de son impact sanitaire, les études montrent qu’il est au moins aussi nocif que les PM2,5. Toutefois, vu qu’il est toujours issu d’une combustion incomplète, il est aussi toujours accompagné d’une série de composés organiques volatils ou d’hydrocarbures polycycliques, dont la toxicité est bien plus importante. Enfin, le carbone noir a également un impact sur les changements climatiques, vu son grand pouvoir d’absorption du rayonnement solaire, et certains experts estiment qu’il doit faire l’objet de mesures de réduction prioritairement.

 

Pour effectuer ces campagnes sur sujets porteurs, à pied ou à vélo, il n’est guère envisageable d’utiliser le matériel classique ; poids, encombrement, alimentation électrique auraient vite fait de décourager le plus courageux des opérateurs. Dès lors, il a fallu opter pour la version portable de ces instruments et leur faire subir une batterie de tests pour vérifier leur cohérence et leur équivalence par rapport aux instruments des réseaux de mesure en continu.

 

TrajetHerstalISSePLes premières expériences, menées en empruntant le RAVeL (rive droite de la Meuse) jusqu’au Pont Atlas et en revenant par le cœur de la Cité ardente, démontrent un contraste des concentrations en carbone noir le long de ces deux segments. Cette différence qui n’est pas perceptible pour les particules fines (PM10 et PM2,5) nous conforte dans le choix de ce polluant. Depuis, d’autres trajets allant de la périphérie de Liège jusqu’à notre institut ont été accomplis via des modes de transport différents. Ainsi, un cycliste, un utilisateur du TEC et un automobiliste partent fréquemment de Soumagne pour rejoindre l’ISSeP en échantillonnant l’air qu’ils respirent durant leur trajet. De même, à la demande de l’Agence wallonne de l’Air et du Climat, en complément à une campagne de mesure par tubes passifs, quatre membres de l’équipe sillonnent la ville de Namur sur des vélos, mis à la disposition du public par la SNCB. Nous profitons d’ailleurs de l’occasion pour remercier tous nos GC1, présents et futurs.

 

En plus d’accroître notre connaissance de la pollution par le carbone noir, le projet aspire à promouvoir les alternatives de transport dites douces et aider au changement des mentalités. Puissent ces deux années suffire !

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