PPB-WAL

Evaluation de la présence et de l’impact de certains composés perfluorés, de certains phtalates et du bisphénol A dans les eaux en Wallonie.

Intervenants ISSeP : Chalon, C., Kech, C., Marneffe, Y., Nadin, C.

Contact : c.kech@issep.be

Durée du projet : de janvier 2019 à décembre 2020

Partenaires : SWDE (Société Wallonne Des Eaux).

Financement : SPW-ARNE (Plan ENVIeS)

Objectifs

PPB-WAL a pour objectif principal d’améliorer les connaissances relatives à la présence des composés perfluorés (PFAS), des phtalates et du bisphénol A (BPA) dans les eaux wallonnes (de surface (ESU) et de distribution), ainsi que d’évaluer leurs impacts potentiels pour les écosystèmes. En effet, il a été démontré que ces substances sont présentes de façon quasi ubiquiste dans les ESU en Wallonie sans pour autant faire l’objet d’une obligation de suivi (projet BIODIEN). L’origine de ces substances n’est pas toujours facile à déterminer et on peut supposer qu’il existe des sources multiples dans l’environnement (origine atmosphérique, rejets ponctuels…). De plus, les réseaux d’eau de distribution eux-mêmes pourraient constituer une source de contamination par du BPA ou des PFAS, qui sont maintenant réglementés dans la nouvelle version de la directive relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (Directive 2020/2184/UE).

Mise en œuvre et principaux résultats

Eaux de surface

Dans un premier temps, des données systématiques ont été collectées afin de confirmer le diagnostic de présence de 5 PFAS, de 7 phtalates et du BPA dans les ESU. Le plan d’échantillonnage s’est appuyé sur le réseau existant exploité à l’ISSeP pour lequel 54 points sont échantillonnés 13 fois sur une année. L’analyse des échantillons montre que 2 PFAS (PFOA et PFOS) sont le plus fréquemment retrouvés (fréquences > 75%).

L’ensemble des données récoltées a permis de réaliser l’évaluation des impacts potentiels pour les écosystèmes. La méthodologie se base sur une priorisation, appliquée par l’INERIS, et construite en fonction de critères d’occurrence, de danger et de risque de dépassement d’un seuil de danger. A l’issue de cette évaluation, 4 catégories de substances ont été établies dont les 2 premières regroupent les substances qui ont un impact potentiel, à savoir le PFOS et le DEHP qui sont déjà réglementés, ainsi que le BPA qui fait déjà l’objet d’un suivi par l’intermédiaire du réseau de surveillance.

Eaux de distribution

Finalement, la présence des PFAS et du BPA a été vérifiée dans les eaux de distribution. La présence de PFAS pourrait être due à certains traitements surfaciques appliqués dans les réservoirs de stockage, et la présence de BPA pourrait être liée à l’utilisation de revêtements en résine époxy en chemisage de certaines canalisations. Le plan d’échantillonnage a été conçu avec l’appui de la SWDE dans le but de tenter d’identifier les portions du réseau concernées par cette problématique. Il comporte 30 points d’échantillonnage répartis dans la partie nord/ouest du territoire wallon.

Concernant les PFAS, 38% des échantillons analysés ont un résultat supérieur à la LOQ. C’est le PFOA qui a la fréquence de quantification la plus élevée (53%), et le PFHxA qui atteint les concentrations les plus élevées. Le BPA, quant à lui, n’a été quantifié dans aucun des échantillons prélevés.

Au vu du nombre restreint de prélèvements, cette étude n’a permis que de réaliser des coups de sonde. Les tendances qui ont pu être dégagées devront être confirmées par un échantillonnage plus conséquent.