ISO-YES

Mieux surveiller les substances œstrogéniques dans nos rivières

L’Europe prépare une nouvelle manière de surveiller la qualité de l’eau (Directive Cadre sur l’Eau), en s’intéressant non seulement aux substances chimiques présentes, mais aussi à leurs effets biologiques. Parmi ces effets, l’activité œstrogénique — liée à certaines hormones, naturelles ou non, comme l’œstradiol, l’estrone ou l’éthinylestradiol ou à d’autres substances perturbatrices endocriniennes — est particulièrement suivie, car elle peut perturber le système hormonal de la faune aquatique.

Pour détecter ces effets, l’Union européenne envisage d’utiliser des méthodes fondées sur les effets (EBM). L’une d’elles est le YES test (Yeast Estrogen Screening test), un test in vitro utilisant une levure génétiquement modifiée intégrant le récepteur humain à œstrogènes, qui permet de mesurer l’activité œstrogénique globale d’un échantillon d’eau. Cette méthode présente l’avantage de prendre en compte l’ensemble des substances oestrogéniques présentes dans l’échantillon ainsi que les effets synergiques et antagonistes éventuels. Elle permet également d’atteindre des limites de quantification faibles et présente un rapport coût-efficacité intéressant.

Moderniser et renforcer le YES test à l’ISSeP

L’ISSeP utilise le YES test depuis plus de dix ans. La fiabilité de ce test a encore été récemment démontrée lors d’un exercice interlaboratoire européen (Gomez et al., 2026). Néanmoins, le projet vise à l’adapter à une nouvelle norme internationale (ISO 19040-1), qui permettra un test plus rapide et plus sensible. Pour cela, l’ISSeP doit s’équiper d’un matériel spécifique, indispensable à la mise en œuvre de cette version améliorée du test.

Une fois cette étape franchie, la méthode sera accréditée officiellement, garantissant sa fiabilité et sa reconnaissance au niveau national et européen.

Un rôle clé dans les futures politiques européennes

L’Europe souhaite intégrer les méthodes EBM dans la surveillance des masses d’eau. Les effets œstrogéniques seront probablement les premiers à entrer dans la législation. Grâce à ce projet, l’ISSeP pourra se positionner comme acteur de référence dans ce domaine et contribuer aux travaux européens visant à comparer ces nouvelles méthodes aux approches traditionnelles (analyses chimiques).