Feux dans les Hautes Fagnes : l’ISSeP renforce son dispositif de surveillance de la qualité de l’air

Dans le contexte des incendies touchant les Hautes Fagnes, l’ISSeP a renforcé son dispositif de surveillance de la qualité de l’air afin de suivre l’impact potentiel des fumées et de la combustion sur les zones concernées et les populations avoisinantes.(Communiqué.)

En collaboration avec l’Agence wallonne de l’Air et du Climat (AWAC) et en coordination avec les autorités et services mobilisés sur le terrain, l’ISSeP combine actuellement plusieurs moyens de mesure : microcapteurs, stations fixes du réseau wallon de surveillance de la qualité de l’air, stations mobiles et dispositifs de prélèvement. Ce dispositif permet de suivre l’évolution de la situation sur un périmètre étendu.

Un réseau renforcé de microcapteurs autour de la zone concernée

À la demande de la Protection civile formulée le 16 août, sept microcapteurs supplémentaires ont été déployés par l’ISSeP dès le 17 août 2026 à des endroits stratégiques autour de la zone concernée :

  • Bosfagne ;
  • Mont-Rigi ;
  • A proximité de la frontière allemande, vers Mützenich ;
  • Bütgenbach ;
  • Ternell ;
  • Jalhay ;
  • Hockai.

Ces appareils mesurent en continu les concentrations de particules fines (PM10, PM2.5) , particulièrement pertinentes dans le contexte des fumées générées par un incendie.
Ils complètent quatre microcapteurs déjà présents à Limbourg, Eupen, Amel et Verviers dans le cadre de campagnes de surveillance antérieures.

Au total, 8 microcapteurs permettent ainsi de renforcer le suivi de la qualité de l’air dans et autour du périmètre concerné. Les données de ces capteurs sont transmises depuis le 18 août au CORTEX et à la Protection civile, afin d’appuyer le suivi opérationnel de la situation.

Deux stations mobiles installées dans des écoles

Le dispositif a encore été renforcé ce 20 août avec l’installation de deux remorques équipées d’instruments de mesure de la qualité de l’air de référence dans deux établissements scolaires :

  • Zentrum für Förderpädagogik, Monschauer Str. 26 à Eupen ;
  •  Ecole communale de Jalhay, rue de la Fagne 15 à Jalhay

Ces équipements permettent de mesurer le monoxyde de carbone (CO) ainsi que les particules fines PM2.5 et PM10. L’installation de ces stations mobiles complète le maillage existant et permet de disposer de mesures supplémentaires dans des lieux accueillant des publics particulièrement sensibles.

Le réseau permanent Wallonair.be pleinement mobilisé

Le suivi s’appuie également sur les infrastructures permanentes du réseau wallon de surveillance de la qualité de l’air.

Deux stations télémétriques fixes, situées à Vielsalm et Membach, se trouvent dans le périmètre de surveillance. Leurs données sont accessibles au public via www.wallonair.be, la plateforme d’information sur la qualité de l’air en Wallonie, développée dans le cadre du partenariat entre l’ISSeP et l’AWAC.

Ce réseau permanent constitue un socle essentiel pour suivre l’évolution de la qualité de l’air et replacer les mesures réalisées pendant l’incendie dans leur contexte.

Des analyses complémentaires au Mont Rigi

Au Mont Rigi, l’ISSeP dispose par ailleurs d’une station permettant d’effectuer des prélèvements complémentaires, notamment pour analyser les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les retombées humides en ions acidifiants (via les pluies)..

Un prélèvement destiné à l’analyse des HAP a été récupéré par les équipes de l’ISSeP le 19 août. Les premiers résultats d’analyse sont attendus, au plus tôt, à partir du 24 août 2026.

Un prélèvement des eaux de pluie est également prévu la semaine prochaine. Il a été décidé d’attendre les précipitations annoncées afin de pouvoir étudier leur impact et d’obtenir un prélèvement représentatif après cet épisode pluvieux.

Mesurer, analyser et informer

À travers ce dispositif exceptionnel, l’ISSeP met son expertise scientifique et ses infrastructures au service des autorités et de la population.

La combinaison de mesures en temps réel et d’analyses en laboratoire doit permettre de documenter l’évolution de la qualité de l’air pendant et après les incendies, d’identifier d’éventuels impacts liés aux fumées et de fournir aux autorités compétentes des données objectives pour appuyer leurs décisions.