PFAS

Biomonitoring humain spécifique PFAS (BMH-PFAS)

ZONE CHIEVRES – DERNIERES INFORMATIONS (15/02/2024) :
 
Des difficultés ont été rencontrées lors des prises de sang chez certains enfants de moins de 12 ans. Depuis peu, l’ISSeP est en mesure de proposer le prélèvement capillaire, une nouvelle méthode de prélèvement simple et peu invasive. Ce système, identique à celui utilisé par les personnes diabétiques, consiste à collecter par piqûre (doigt ou talon) une unique goutte de sang. La prise de sang classique reste toutefois conseillée car elle permet au laboratoire en charge des analyses PFAS de refaire un dosage (contrôle ou analyse supplémentaire).
Les parents des enfants chez qui une prise de sang n’a pas été possible seront recontactés par l’ISSeP pour leur proposer un prélèvement capillaire. Tous les parents d’enfants de moins de 12 ans intéressés par cette méthode alternative sont invités à s‘inscrire (https://bmh-pfas-zone-type1.issep.be/). Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 28 février 2024.
Toute personne déjà inscrite mais qui n’a pas pu se rendre au rendez-vous fixé à une séance de prélèvement est invitée à reprendre contact avec l’ISSeP avant le 28 février (biomonitoring@issep.be ou 04/229.83.83).
Les deux dernières séances actuellement prévues pour la zone de Chièvres, Ath, Beloeil et Leuze-en-Hainaut seront organisées les mercredis 6 et 13 mars. Des séances supplémentaires pourraient être ajoutées si le nombre d’inscriptions le justifiait.


Contexte

Les alkyls perfluorés et polyfluorés (PFAS) sont des molécules chimiques dont on connait actuellement plus de 4700 substances différentes. Connus et utilisés depuis de nombreuses années dans l’industrie chimique, ils sont de plus en plus critiqués pour leurs potentiels effets sur l’environnement et la santé. A partir du 12 Janvier 2026, l’Europe adoptera une norme visant à limiter les teneurs en PFAS (somme de 20 PFAS jugés très préoccupants) à 100 ng/L dans les eaux de consommation.

Des dépassements de cette future norme européenne ont été constatés au captage de Chièvres entre octobre 2021 et mars 2023. Depuis, la mise en place de différentes mesures de mitigation des risques, notamment l’installation de filtres à charbon actif au château d’eau de Chièvres en avril 2023, ont permis de rétablir les niveaux de PFAS en deçà de la future norme de 100 ng/L.

Ce fût le cas au captage de Chièvres entre octobre 2021 et mars 2023. Depuis, la mise en place de différentes mesures de mitigation des risques, notamment l’installation de filtres à charbon actif au château d’eau de Chièvres en avril 2023, ont permis de rétablir les niveaux de PFAS en deçà de la future norme de 100 ng/L.

La Société Wallonne des Eaux (SWDE) a été chargée par le Gouvernement Wallon de l’analyse des teneurs en PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine pour les 640 zones de distribution en Wallonie. Un dépassement de la future norme de 100 ng/L a ainsi été mesuré à Ronquières en novembre 2023, mais également à Florennes (Corenne, Rosée et Flavion) et dans la région de Nandrin, avec les captages de captages de Marnave et Armoulin.

Par ailleurs, des teneurs élevées en PFAS dans l’environnement (mais pas dans l’eau de distribution) ont également été mises en évidence à Feluy et à Nimy. Pour ces zones, nommées ‘zones d’investigation prioritaires’ (ZIP) par l’Administration, des études environnementales complémentaires ont démarré en décembre 2023 pour analyser les concentrations de PFAS dans différentes matrices environnementales (ex. sol, eau).

La Ministre de l’Environnement a souhaité qu’une évaluation de l’imprégnation de la population ayant été desservie par de l’eau de distribution dont la concentration en PFAS dépassée la future norme de 100 ng/L, ainsi que de la population riveraine des zones d’investigation prioritaires, soit réalisée et l’ISSeP a été chargé de ces campagnes de biomonitoring. Pour cela, des prélèvements de sang seront collectés auprès des habitants des communes concernées, afin de permettre le dosage des PFAS.

Objectifs

L’objectif global de ce biomonitoring humain ciblé est d’objectiver l’exposition aux PFAS des habitants des zones d’étude.

Les niveaux d’imprégnation en PFAS mesurés chez les habitants des zones de Chièvres, Ronquières et des ZIP seront comparés aux niveaux mesurés dans la population générale wallonne, afin de déterminer s’il existe une surexposition aux PFAS des riverains des zones concernées par une contamination des eaux ou de l’environnement.

Des valeurs de référence sanitaires ont été définies pour certains PFAS (ex. PFOA, PFOS – Références : Hölzer et al., 2021 ; Schümann et al., 2021 ). De ce fait, les concentrations mesurées dans le sang des habitants seront comparées à ces valeurs de référence sanitaires afin de déterminer s’il y a des risques pour leur santé.

Zones d’étude

  • Zone type 1 :

Dans un premier temps, cette étude concerne les zones où les habitants ont été alimentés à un moment donné par une eau de distribution où des concentrations en PFAS étaient supérieures à la future norme de 100 ng/L. Il s’agit, dans un premier temps, des rues alimentées par le puits de Chièvres et Ronquières, , ensuite des zones de Florennes et Nandrin.

  • Zone type 2 : 

Dans un second temps, cette étude s’étendra vers les zones d’investigation prioritaires (ZIP) dont le périmètre sera précisé au fur et à mesure de l’évolution de l’état des connaissances de contaminations aux PFAS (par exemple : autour des zones d’investigation définies par l’Administration à Feluy et Nimy).

Substances

Les alkyls perfluorés et polyfluorés (PFAS) sont un groupe incluant plus de 4700 substances chimiques d’origine anthropique et qui ont de nombreuses applications en raison de leurs propriétés hydrofuges, anti-graisse et anti-salissures. Ils sont utilisés depuis les années 1950 dans de nombreuses applications industrielles et produits de consommation (textiles, emballages, cosmétiques, poêles…). Ces substances entraient autrefois dans la composition des mousses pour éteindre les incendies, souvent utilisées sur les bases militaires, les aéroports, les aires d’entrainement des services de secours…

Les PFAS sont connus sous le nom de « produits chimiques éternels » car ils sont extrêmement persistants dans notre environnement et dans notre corps. Les PFAS, notamment le PFOS et le PFOA, possèdent aussi des propriétés indésirables qui peuvent avoir des effets néfastes sur les humains, les animaux et l’environnement.

Liste des PFAS recherchés dans le sérum (sang) :

Minimum 7 substances PFAS : PFOS, PFOA, PFHxA, PFHpA, PFNA, PFDA et PFHxS

FAQ

Que dois-je faire si je souhaite une analyse ?

Dans un premier temps, la campagne est ouverte à toutes les personnes qui résident ou ont résidé entre 2017 et aujourd’hui dans la zone desservie par le château de Chièvres, mais aussi aux habitants de Ronquières. Si vous remplissez l’ensemble de ces critères et que vous souhaitez une analyse sanguine pour les PFAS, veuillez compléter le formulaire d’inscription en ligne  https://bmh-pfas-zone-type1.issep.be/.

Pour toutes questions, nous sommes joignables par mail biomonitoring@issep.be ou par téléphone au 04 229 83 83 .

Quand et comment se déroule cette participation ?

Une première campagne de prise de sang débutera en janvier 2024 pour les zones de Chièvres-Ath-Beloeil-Leuze-en-Hainaut, suivie ensuite de la zone de Ronquières, puis Florennes et Nandrin.

Directement (quelques minutes) après votre inscription en ligne, vous recevrez un mail confirmant l’enregistrement de votre demande. Si ce n’est pas le cas, probablement une erreur dans votre adresse mail. Contactez-nous.

Après vérification de votre demande, l’équipe projet validera votre inscription et vous recevrez un mail reprenant les informations suivantes :

  • Date, heure et lieu du rendez-vous pour la prise de sang
  • Un document d’informations et le formulaire de consentement
  • Votre code participant et votre code de sécurité pour rendre anonyme votre participation
  • Un lien internet vers un questionnaire en ligne à remplir au plus tard la veille de votre rendez-vous. Ce dernier permettra de recueillir des informations sur vos habitudes de vie, votre alimentation, votre maison, votre état de santé général, etc. (temps estimé : ~30 minutes)

Le jour de la séance de prélèvements, il vous sera demandé de confirmer votre participation en signant l’attestation de consentement (la signature des parents sera demandée pour les enfants mineurs qui souhaitent participer).

Après avoir donné votre accord de participation, une prise de sang sera réalisée par des professionnels de la santé qualifiés et spécialement formés.

Lors du rendez-vous, vous aurez bien évidemment encore le temps de poser toutes les questions que vous souhaitez avant de vous décider !

Ensuite, les échantillons de sang seront envoyés au laboratoire et analysés. Lorsque tous les résultats d’analyses seront disponibles, ils seront encodés avec les réponses des questionnaires, dans une banque de données. C’est alors que leur analyse statistique et leur interprétation commenceront. Un rapport sur les résultats collectifs sera ensuite rédigé.

La participation va-t-elle entraîner des frais ?

La participation à la campagne est gratuite, aucun frais ne vous sera demandé.

Que deviennent mon échantillon de sang, mes données et résultats ?

Votre échantillon sanguin et vos données ne seront uniquement utilisés qu’en fonction de votre consentement éclairé et d’une manière qui protège votre vie privée selon la réglementation européenne ‘RGPD’ et les exigences nationales. Les résultats publiés de l’étude ne vous identifieront d’aucune manière.

Un code unique et aléatoire (impossible à décoder) constitué de chiffres et de lettres sera attribué à chaque participant. Ce code supprimera alors toutes les informations personnelles identifiables afin de protéger votre vie privée et empêchera le suivi de vos données. Seuls les responsables du projet auront connaissance et accès aux informations d’identification indispensables pour assurer la restitution de vos résultats.

Votre échantillon de sang codé sera transféré vers le laboratoire spécialisé pour être analysé. Il sera ensuite examiné pour mesurer votre exposition aux PFAS. Votre échantillon sera ensuite stocké par l’ISSeP et le laboratoire dans une biobanque pour une durée maximale de 20 ans pour une utilisation éventuelle dans des futures études éthiquement approuvées d’exposition aux produits chimiques. Des données codées recueillies auprès de vous et des autres participants seront stockées et pourront être utilisées à des fins de recherche et/ou combinées avec d’autres données provenant de différentes sources. Le partage des données sera facilité par le biais d’infrastructures de données et/ou des systèmes d’information dédiés.

Les résultats globaux de l’étude seront communiqués aux autorités régionales, nationales et européennes afin de soutenir les actions politiques liées à la gestion des produits chimiques pour la protection de la santé publique. Ils seront également diffusés auprès d’autres intervenants, y compris le grand public, les scientifiques et d’autres parties intéressées.

Quand et comment puis-je connaitre mes résultats personnels ?

L’équipe responsable de l’étude (ISSeP) vous informera de vos résultats, par courrier postal ou par mail/sms.

Les résultats collectifs de l’étude seront publiés dans un rapport d’étude et seront accessibles au public sur le site de l’ISSeP www.issep.be/biomonitoring.

Documents

Liens utiles

http://environnement.sante.wallonie.be/pfas

Contacts

Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter :

Ingrid RUTHY, Aline JACQUES et Eric GISMONDI
ISSeP – Cellule Environnement-Santé, 200 Rue du Chéra – 4000 Liège
Tél. . 04.229.83.83 (Accueil ISSeP : 04 229 83 11)
Email : biomonitoring@issep.be