ELEnSa

Étude de l’association entre l’exposition environnementale aux pesticides agricoles et l’incidence de certains cancers


Le projet, subventionné en interne via le mécanisme Moerman, visait à exploiter les données collectées et construites dans SIGEnSa sous un angle épidémiologique pour Etudier les Liens Environnement – Santé (ELEnSa). Une première étude exploratoire (2019–2022) fut ainsi menée pour investiguer les disparités spatiales de certaines pathologies potentiellement liées à l’exposition aux pesticides agricoles en Wallonie.

Contexte et objectif:

Les risques liés à l’émission de produits phytopharmaceutiques (PPP) dans l’environnement constituent un sujet de préoccupations environnementales et sanitaires. Chaque année, d’importantes quantités de PPP sont appliquées en Wallonie par le secteur agricole (> 95% de l’utilisation wallonne). Démontrer le lien de cause à effetentre les PPP et certaines maladies n’est pas chose aisée.Cependant, de lourds soupçons pèsent sur ces produits pour des pathologies comme la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate, certains cancers hématopoïétiques, ou encore les leucémies et les malformations congénitales chez les enfants. L’ISSeP a dès lors réalisé une première étude exploratoire pour investiguer, en Wallonie, les disparités spatiales de certaines pathologies potentiellement liées à l’exposition aux pesticides agricoles. Cette étude vise ainsi à exploiter sous un angle épidémiologique les données collectées et construites dans SIGEnSa afin d’Etudier les Liens Environnement – Santé (ELEnSa).

Mise en œuvre:

Le travail s’est décliné en 4 phases :

  • Phase 1 : Etat de l’art des pathologies potentiellement en lien avec l’exposition aux pesticides. Sélection d’un premier set de données (incidence des cancers) parmi les pathologies d’intérêt et établissement d’une convention de recherche avec la Fondation Registre du Cancer (FRC).
  • Phase 2 : Estimation de l’exposition environnementale aux produits phytopharmaceutiques agricoles (modèle spatial sur l’ensemble de la Wallonie).
  • Phase 3 : Recherche des facteurs de confusion (i.e. variable associée à l’exposition et à l’événement, mais non impliquée dans le chemin causal entre l’exposition et l’événement) et construction d’un indice socio-économique.
  • Phase 4 : Cartographies des maladies (calcul des rapports d’incidence standardisés – SIR de certains cancers et lissage bayésien). Recherche des associations potentielles via analyses spatiales et statistiques (régression écologique) en partenariat avec l’Université de Lille.

Résultats et conclusions:

Les résultats de cette première étude écologique n’ont montré, à ce stade, aucune association spatiale entre les cancers (mélanomes de la peau, cancers de la peau non-mélanome, de la prostate, du système nerveux central et hématologiques) et une potentielle exposition environnementale aux pesticides agricoles en Wallonie. Si certaines tendances apparaissent (tendance d’association positive avec le risque de mélanomes et de cancers de la prostate), aucune association statistiquement significative n’a été retrouvée, quel que soit le type de cancer et le type d’exposition environnementale aux pesticides agricoles.

Plusieurs pistes d’amélioration des indicateurs, ainsi que des perspectives ont pu néanmoins être dégagées. Les indicateurs « pesticides » pourraient être affinés pour notamment mieux prendre en compte le risque pour la santé humaine via une sélection de certaines substances actives (ex. : groupe fonctionnel tel que les insecticides, substances spécifiques présumées en lien avec certaines pathologies, etc.) ou encore via une pondération selon certains critères. La présence d’éventuelles zones isolées de sur-incidence ou de sous-incidence pourrait aussi être investiguée via les techniques de détection de clusters. De même, l’accès à l’historique de l’exposition de la population à plus long terme serait utile pour ce type d’étude épidémiologique. Enfin, l’association de l’exposition aux pesticides avec d’autres pathologies suspectées (trouble de la périnatalité, troubles du comportement, maladies neurodégénératives) pourrait aussi être investiguée au regard de la méthodologie développée et des recommandations mentionnées dans cette étude.

Financement et collaborations

Financement sous fonds propres Moerman (2019–2022).

Documents:

Contacts:

Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter :
Sarah Habran
ISSeP – Cellule Environnement-Santé, 200 Rue du Chéra – 4000 Liège
Tél. : 04 229 82 53
Email : s.habran@issep.be

HOM’AIR

Projet INTERREG HOM’AIR Grande Région : Dépasser les obstacles transfrontaliers pour une meilleure prise en compte de la qualité de l’air dans les bâtiments

L’objectif principal du projet HOM’AIR est de réduire l’écart de prise en compte de la qualité de l’air intérieur (QAI) entre les 4 pays (France, Allemagne, Luxembourg, Belgique) et de préconiser des actions de protection des usagers du bâtiment.
Pour ce faire, le projet vise à élaborer un protocole de mesure de la qualité de l’air transfrontalier pour un diagnostic sanitaire complet et l’appliquer dans 40 bâtiments. Une base de données de la QAI commune dans la Grande Région sera mise en place afin de pouvoir réaliser des exploitations statistiques et en tirer des conclusions de prévention. De plus, le projet vise à sensibiliser, disséminer et former les acteurs de la Grande Région aux enjeux sanitaires de la QAI. Enfin, ce projet permettra de promouvoir un nouveau dispositif de surveillance de la QAI.
L’ISSeP est impliqué dans le module 1 du projet « Etablir une prise en compte commune de la QAI ». Ce module s’articule autour d’une prise en compte des différentes réglementations des pays partenaires (1.1), la mise en place d’un protocole commun (1.2), la sélection des bâtiments pour le projet (1.3), le test grandeur nature du protocole et le déploiement de ce dernier dans 40 bâtiments (Wallonie, France, Allemagne, Luxembourg) (1.4), l’analyse des données (1.5) et la communication des résultats (1.6).

Participer au projet HOM’AIR c’est :
– Améliorer nos connaissances sur la qualité sanitaire des bâtiments ;
– Favoriser une approche globale de la QAI ;
– Contribuer à maintenir un niveau d’expertise avec un réseau transfrontalier ;
– Aller plus loin que la simple réglementation et s’approprier les méthodes et techniques d’évaluation de demain ;
– Démontrer son engagement dans la santé pour tous ;
– Bénéficier d’une dynamique partenariale et d’une visibilité transfrontalière.

Partenaires:

Contact : Marie Peeters – m.peeters@issep.be
Page web du projet HOM’AIR de ATMO Grand-Est.

Visuel de présentation.

Air intérieur

Coordination des SAMI

Suite au nouveau décret sur la qualité des milieux intérieurs, la Région wallonne confie les missions d’évaluation aux SAMI provinciaux. Depuis un an, une mission de coordination régionale de ces SAMI est confiée à l’ISSeP. L’objectif de la mission est d’harmoniser les services rendus par ces SAMI afin de garantir un service de qualité à l’ensemble des citoyens wallons pour l’analyse de leurs milieux intérieurs.

Mais qu’est-ce qu’un SAMI ? C’est une équipe, composée d’assistants sociaux et de scientifiques, qui se rend aux domiciles des citoyens afin d’effectuer différentes mesures, observations et prélèvements dans la maison. L’objectif est de déterminer les éventuelles sources de pollution du milieu intérieur qui ont un impact sur la santé des habitants (composés chimiques dans l’air, moisissure…).

Qui peut bénéficier d’une visite SAMI ? Tout citoyen résidant sur le territoire wallon qui en fait la demande, avec une prescription médicale. Sur base des résultats obtenus dans une habitation, le SAMI rédige un rapport de visite envoyé au bénéficiaire et à son médecin. Ce rapport comporte également des recommandations afin d’améliorer la qualité du milieu intérieur.

Plus d’informations sur les SAMI ? http://environnement.sante.wallonie.be/sami

Contacter le SAMI de sa province ?
Brabant Wallon : sami.bw@brabantwallon.be<mailto:sami.bw@brabantwallon.be>
Hainaut : diane.servais@hainaut.be<mailto:diane.servais@hainaut.be>
Namur : sami@province.namur.be<mailto:sami@province.namur.be>
Luxembourg : samilux@province.luxembourg.be<mailto:samilux@province.luxembourg.be>
Liège : samili@ULiege.be<mailto:samili@ULiege.be>

Risques d’Accidents Majeurs (RAM)et sites Seveso

Etudes d’aménagement du territoire autour des sites Seveso (LUP = Land Use Planning).

L’Accord de Coopération du Juin 2016 traduisant la Directive Seveso III en droit belge prévoit de maintenir des distances appropriées entre les sites Seveso et les zones fréquentées par le public. Par ailleurs, le Code de Développement Territorial (CoDT) spécifie que pour les demandes de permis portant sur des biens à proximité d’un établissement à risque majeur, l’avis du Service public de Wallonie est sollicité. Il en est de même pour les demandes de permis unique ou d’environnement demandées par les industriels. C’est la cellule « Risques d’Accidents Majeurs » (cellule RAM) qui est compétente pour émettre l’avis susmentionné.

Pour ce faire, la cellule RAM a mandaté l’ISSeP depuis Juillet 2019 pour la réalisation de la cartographie du risque, sur base de courbes isorisques, compilées sous forme de zones vulnérables sur le Geoportail du SPW. Ces études LUP sont réalisées sur base des dossiers de sûreté déposés par les exploitants lors de leur demande de permis.

Pour réaliser cela, une méthodologie scientifique rigoureuse de quantification du risque a été mise au point. Cette méthodologie, que cela soit pour des sites chimiques classiques ou des sites stockant des explosifs, bien que quelques différences notables soient à noter, est une approche probabiliste, avec une combinaison entre les conséquences calculées pour chaque scénario d’accident crédible pouvant survenir dans l’entreprise et les fréquences d’occurrence de ces scénarios, dans le but d’obtenir un risque individuel. Les effets considérés sont des seuils liés à l’irréversibilité des effets, soit : effet toxique (AEGL3 principalement), effet radiatif (6,4 kW/m²) et effet de surpression (50 mbar). Les courbes isorisques sont calculées via deux logiciels de simulation : Safeti de la société DNV GL en ce qui concerne les substances liquides et gazeuses et IMESAFR de l’A-P-T Research.

Sur base des courbes de risque obtenues, la cellule RAM remet un avis favorable, défavorable ou favorable sous conditions, en fonction de la compatibilité des courbes avec les zones fréquentées par le public.

La cellule RAM demande également de nombreux avis techniques au niveau des analyses des Rapports de Sécurité, Notices d’Identification des Dangers et Etudes de Sûreté, de la réalisation de calculs de conséquences sous le logiciel Phast & IMESAFR ainsi que de l’aide pour des demandes de permis non Seveso.

Différentes études spécifiques ont été demandées par la cellule RAM, comme l’étude de l’exigence de barrières protection contre l’incendie pour des petits dépôts d’artifices de joie ou comme l’évaluation des méthodes de calcul du volume des bassins de rétention des eaux d’extinction existantes pour les entreprises Seveso de type logistique.

Une étude relative à la compréhension des risques d’incendie liés aux batteries Lithium-Ion de nouvelles générations est en cours, reprenant entre autres une étude expérimentale d’évaluation des caractéristiques de ces incendies pour mieux comprendre les risques d’emballement thermique, les modes de propagation d’une cellule à l’autre et réaliser une certaine quantification du risque d’incendie et de ses effets.

La cellule Installations Dangereuses réalise également des études de caractérisation de l’inflammabilité et de l’explosivité de poussières combustibles de taille nanométrique ou micrométrique, issus de différents secteurs industriels nationaux et internationaux.

MC2 – Microcapteurs 2

Le projet Microcapteurs, premier du nom, permet d’équiper chaque commune désireuse de prendre part au projet d’une ministation enregistrant les concentrations de quatre polluants atmosphériques, le NO, le NO2, l’O3 et les PM2.5. En plus de pérenniser ces mesures, cette suite permet d’ajouter un capteur pour déterminer le niveau de bruit, d’impliquer le citoyen en lui proposant d’héberger un de nos dispositifs et de valoriser les données via des techniques d’apprentissage automatique.

MC2 vise à développer et appliquer des algorithmes permettant d’appréhender la mesure des niveaux de bruit, d’évaluer en direct la qualité des données, de combiner des sources de données diverses pour améliorer la cartographie de la pollution atmosphérique, d’évaluer la zone de représentativité des stations de surveillance et de caractériser la topologie de sites sur base des mesures qui y sont prises.

VALEUR AJOUTEE: Outre l’acquis de compétences en matière de pollution sonore, la principale valeur ajoutée est la connaissance plus fine des niveaux relatifs de pollution atmosphérique en Wallonie.

Carte électronique Oryx pour la mesure du bruit

Pilote du projet à l’ISSeP : Fabian Lenartz

Financeur : Plan ENVIeS

Contact : f.lenartz@issep.be

Partenaires : –
Durée : Décembre 2020 – Juin 2025

Carte électronique Oryx pour la mesure du bruit

MC – Microcapteurs

L’évaluation de la qualité de l’air en tout point du territoire nécessite de modéliser numériquement le transport et la chimie des polluants atmosphériques et/ou de multiplier le nombre de points de mesure. La première option requérant la seconde à des fins de validation, il semble indiqué de mettre en place un réseau dense d’évaluation de la qualité de l’air. Les instruments de référence étant onéreux, leur multiplication est impossible d’un point de vue budgétaire. En revanche, l’utilisation de capteurs économes permet d’obtenir plusieurs centaines de points de mesure sur le territoire wallon. C’est l’objectif principal de ce projet.

Appréhender des mesures issues de plateformes multi-capteurs économes, dont les performances métrologiques sont inférieures à celles des moniteurs de référence en raison notamment de leur sensibilité aux interférents et analyser spatio-temporellement les enregistrements de ces ministations pour réaliser une cartographie basée sur les mesures et des données topologiques des sites sont les deux objectifs secondaires du projet.

In fine, il devra apporter une nouvelle finesse dans la connaissance des niveaux relatifs de pollution atmosphérique en Wallonie.

Pilote du projet à l’ISSeP : Fabian Lenartz

Financeur : Plan ENVIeS

Contact : f.lenartz@issep.be

Partenaires :

Durée : Novembre 2018 – Juin 2025

Prototype de ministation d’évaluation de la qualité de l’air à l’entrée de l’ISSeP

Notre vision

Organisme scientifique wallon de référence, capable de développer et élargir son potentiel, par un management participatif.

Dans le cadre de la triple ambition de la Wallonie de réaliser sa transition sociale, économique et écologique ainsi que face aux enjeux climatiques et environnementaux, l’ISSeP a un rôle important à jouer en tant qu’outil de référence wallon. Mais aussi en tant qu’acteur dans la recherche régionale et européenne.

Sentinelle de l’environnement et expert en évaluation des risques, l’ISSeP reste un appui fiable aux pouvoirs subsidiants ou au gouvernement wallon, capable de mettre ses compétences à profit pour l’évaluation des politiques environnementales et de répondre de façon agile aux différentes sollicitations, même dans les situations d’urgence et avec une gouvernance optimalisée, collaborative et dynamique en lien avec ses missions et ses enjeux. L’ISSeP travaille à la fois pour des clients publics (SPW…) et des clients privés (particuliers, entreprises) et fournit des services de qualité et adaptés. Le citoyen est également de plus en plus impliqué dans nos projets, notamment ceux de sciences participatives.

Il s’agit aussi d’assurer la traçabilité et la simplification de nos démarches, de faire preuve d’agilité, de flexibilité pour répondre aux demandes et notamment dans le cadre des situations de crise.

Notre institut vise également à maintenir son niveau d’excellence et ses compétences multidisciplinaires qui sont reconnues internationalement, que ce soit en prélèvements, en caractérisation environnementale (eau, air, sols, déchets, amiante, champs électromagnétiques, télédétection…), en monitoring ou en évaluation des risques chroniques ou accidentels.

Pour garantir la qualité des données produites, l’ISSeP s’appuie sur une équipe d’experts pluridisciplinaires reconnus internationalement et sur quatre laboratoires (chimie minérale, chimie organique, microbiologie et écotoxicologie). Accrédité BELAC (ISO 17025, ISO 17043 et ISO 17020), il a, par ailleurs, un rôle de garant pour la caractérisation de produits ou de prestations d’essais.
Pour rester à la pointe, l’ISSeP investit dans de nouveaux équipements et dans la mise au point analytique et méthodologique pour la recherche de nouveaux paramètres. L’ISSeP se positionne également comme Laboratoire de Référence wallon en matière d’eau, d’air, de sols et de déchets et met en valeur son expérience acquise.

La métrologie environnementale est d’une importance cruciale pour comprendre les changements de la terre et de son climat. Le bien-être et la sécurité des générations futures sont dépendantes des décisions prises en matières de politiques environnementales.

Pour définir les bonnes actions, les décideurs, les sociétés et les citoyens doivent recevoir des informations fiables et régulières. Par son expérience scientifique et le développement de son potentiel dans le domaine de environnemental et dans la gestion des risques, l’ISSeP contribue à l’amélioration de notre environnement.